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que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire. (ft. yulian)

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MessageSujet: que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire. (ft. yulian) Dim 22 Sep - 18:51



Une féroce pulsion me tira hors de mon mutisme et m'arracha un cri qui se fraya un chemin depuis le fond de ma gorge. J'appréhendais la solitude qui semblait m'attendre depuis toujours. Comme si elle était une vieille amie. Mes poings s'effondrèrent une fois contre le mur, ce qui suffit à bleuter ceux-ci. Une fois de plus, une nuit supplémentaire, il m'abandonnait lâchement. Et moi, je tentais d'étouffer mes démons dans une couverture trop épaisse et large pour accueillir ma seule dépouille que je traînais depuis le lever du soleil. JE n'avais aucunement besoin de sa présence pour tenir la nuit. Aucunement besoin de me blottir contre lui pour avoir chaud. Encore moins besoin de l'étreinte pour recueillir ce semblant d'affection qu'il m'offrait. Je savais que je lui manquais aussi alors, un rictus tira le coin de mes lèvres et noircit mon regard. Dehors, des rayons lunaires se battait avec les feuilles d'un vieil arbre pour pénétrer dans l'austère chambre qu'était l'endroit où je gisais, pitoyable. Ma tête trouva refuge sous l'oreiller, je restait ainsi deux longues minutes. Relevant doucement mon visage pour contempler mon reflet dans le miroir en face du lit qui me criait de tourner la situation à mon avantage. Va trouver un corps amorphe suintant l'alcool quelque part dans les rues. Ou même un vieil ivrogne quémandant juste un peu d'affection de la part d'un corps frais, jeune, ferme.

Je me traînais sur le sol avec tout le mal du monde. Mes rétines semblaient d'être cristallisées à force de rester cloîtré dans cet endroit lugubre. J'étais devenu affreusement rachitique et personne ne s'en était rendu compte. Le vent me glaça l'échine lorsque la porte se referma derrière mon dos. Il n'y en avait plus pour longtemps. Bientôt, je n'aurais plus froid du tout et comme une vulgaire fleur, je me laisserais cueillir et feindrais la faiblesse. Je ne voulais rien d'autre qu'un peu de reconnaissance. J'étais l'aîné et le devoir m'appartenais de le lui faire comprendre. Pourquoi ? À qui au juste ? À lui ou plutôt, à moi ? Le fait de penser à son existence me donnait envie de fracasser l'ensemble de son crâne contre un mur. Puis de regretter.

Avec pour simple habit une veste trop large, un pantalon ample et pour unique bijou un couteau que je faisais tourner dans ma main droite dans l'espoir qu'il me laisse quelques marques entre les doigts, je déambulait dans les froides rues de Lagune Rute. On opinait pour me saluer mais je me contentais de regarder droit devant moi, un rictus mauvais sur le visage. Je progressais assez rapidement lorsqu'une boîte aux lettres se dégagea des autres. Une boîte aux lettres avec un prénom que je connaissais inscrits en capitales. Mes yeux parcoururent l'endroit avec minutie et alors que je traçais un cercle avec l'instrument pointu dans la paume de ma main, je murmurai en mouvant à peine mes lippes « Yulian. »

Le couteau alla se loger dans un morceau de bois quelconque placé à un endroit dont j'aurai probablement oublié l'existence demain matin. Mon poing droit s'abattit sur la porte à plusieurs reprises, geste que j'agrémentais d'apostrophes à l'adresse de Yulian. Oui, c'était lui que je voulais, personne d'autres. Pas d'un mec à peine lucide, encore moins d'un vieil ivrogne ; lui. Pourquoi ? Peut-être pour les sceaux violacés qu'il avait laissés traîner sur ma peau, du creux de mes reins à mon encolure. Je savais qu'il avait levé la main sur moi et que je n'avais strictement rien fait contre. Il n'avait fait que m'arracher quelques gémissements de douleur et un rire dément et j'en tremblais, sublime paradoxe avec le sourire que j'offrais. À vrai dire, je demeurais insatiable ces derniers jours en ce qui concernait je ne sais quel vice malsain qui régissait mes pulsions. Sans ça, je ne serai jamais planté devant cet endroit insolite. Yulian était le seul à pouvoir me donner satisfaction. Ça restait clair dans ma tête ; je n'aimais rien d'autre chez lui que ses manières un peu trop brutales et sa propension à manier sans trop faire de manières. Je n'affectionnais ni sa présence, ni son odeur, ni sa voix ; il n'était pas mon frère, je ne l'aimais pas. « Fais-moi entrer aller. Vite. » j'ordonnais sans grande conviction en laissant glisser ma main, caressant presque la porte.

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MessageSujet: Re: que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire. (ft. yulian) Dim 29 Sep - 17:06

que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire.
Lou & Yulian


Le vent soufflait, vent d'Est. Le vent qui soulevait la flaveur légère de la mer et les volutes qui émanaient du port. Les volutes des vieux bateaux, ceux qui ne connaissaient pas encore les moteurs, les volutes des vieux poissons laissés à sécher près de l'écume marine. Yulian, lui, adorait sentir le port de Reine vivant, signification du soleil brillant, un signe que l'astre lui offrait. Lorsque la nuit tombait : la ville semblait s'envelopper d'une tout autre odeur, celle des tempêtes et des flots ravageurs, des eaux sombres. Odeur d'incertitude et de doute. Il ne se qualifiait pas de créature du jour et était loin d'être une créature de la nuit. Pourtant, il adorait les lueurs répugnantes qui venaient percer le brouillard, qui dévalait les montagnes, il adorait les néonts automatiques des bars, il adorait les rues avec leur tournure dramatique de série noire.Il adorait tous ses effrois de la nuit, mais pas elle-même. Il s'en affolait, le malade s'en brusquait. Il ne disait pas qu'il en avait peur, puisque s'était d'une tout autre chose dont il exprimait l'angoisse.

Cette journée-là, le soleil pointait quelques songes, un instant. Le malade en avait profité pour, en rentrant de Jorgensen, Jorgensen de malheur, passer par le port. Frôler et émietter les délaissements fluviaux de la nature. Observer les quelques tanières fébriles et les grincements des embarcadères. Goûter aux accords des marins pendant qu'ils lovaient leurs lignes et filets bruns en tresse. Discerner un loup de mer remonter sur ses épaules un mât avec sa voile. Il déposa fragilement ses mains noueuses sur les bretelles de son sac à dos pour en effacer l'étreinte qui se formait, par son poids, sur le long de son dos. Il souffla. Ses yeux continuèrent de tournoyer autour des docks de claustration, ou encore sur le golfe chimérique de la ville, ouvert comme une trappe, sous la silhouette ombrée des fjords. La pénombre paraissait déjà à l'horizon. Il pencha son bras à sa vue pour regarder l'heure qui s'affichait au cadran ovoïde. Comme s'il allait y voir les signaux lumineux lui indiquer de RENTRER en gros caractère rouge. Un automatisme, un retranchement. Le port appartenait aux matelots et aux grutiers, non à lui. C'était une chose qu'il acceptait de ne pas posséder. Semblable à la nature, comme si le port était sauvage. Il pressa ses pas pour se rendre dans les rues claires-obscures, laissant derrière lui le manteau que les hommes de mer venaient de tendre à son départ. C'était un chemin routinier jusqu'à sa demeure, jusqu'à l'antre où il y passer ses nuits suffocantes. Seul. Écraser les pavés souillés de la ville pour arriver le plus vite possible chez sa famille. CHEZ SA FAMILLE . Vers une famille accueillante et chaleureuse, ironisait-il toujours lorsque ses pensées s'emballaient. Un besoin, une sorte d'obligation ambiguë de devoir rentrer chez lui. Il fallait lui attacher ses chaînes et le droguer à forte dose pour qu'il n'aille pas morde le chien du voisin. Ses parents fermaient toujours la porte à clé lorsqu'ils rentraient le soir, non pour éviter que quiconque y rentre, mais pour faire en sorte que personne n'en sorte. Alors, ils fermaient aussi le rideau barbelé et posaient leur barre de fer pour celer les entrées et les fenêtres. Poser les écrous. Poser les barbelés et les geôliers. Pour ne pas s'évader.

Il bifurqua maladroitement sur sa droite au carrefour d'une route, pour se rendre à Lagune Rute. Il lui fallait toujours trop de temps, beaucoup trop pour rentrer chez lui. Alors, après avoir passé le bosquet près de la maison des Størm. Il échappait à ses démons, il leur faisait dos. En courant, il fuyait les thébaïdes, la noirceur, il fuyait sa peur, il fuyait l'être dont il avait peur. Se fuir lui-même. S'évader de l'autre être, il cavalait avec la tentative de n'avoir plus que cette unique idée en tête, dans son âme. Plongeant dans l'inconscience, incapable d'esquiver la voiture qui manquait de le percuter. Le vieux Størm lui criait souvent qu'il était fou. Un klaxon mélancolique, peut-être un cri de colère. Yulian restait imperturbable. Un cocon se formait, de soulagement. Bien sûr, il n'y était pas seul, mais bien loin de ses peurs. Il était plusieurs, il était avec un, ou deux. Avec mille. Avec un milliard de roses d'écume, des roses de sable. Des pétales violacées et bleutées. Fleur phénix, chantant, valsant aux vrombissements des vagues, se noyant et se rattrapant aux tourbes suaves. Vaguant, nageant dans les bas-fonds, se rattrapant aux pistils emprisonnés. Roses d'algues, Roses marine. Jusqu'à se rendre compte que leurs pétales ne caresse plus les côtes. Mais une autre peau, celle d'un couteau, une lame percutant le bois. Une arme. Une matraque statuée dans un poteau. Il la peint des yeux, la fixe pour savoir qui a pu en faire usage. Qui ? Inconnu délaissé. La porte s'est cogné. Le seuil n'est pas seul. Il ne peut plus fixer la lame maintenant, mais l'être qui est venu. Venu armé. Roses tornades dans son esprit. Elles s'emballent. Il imprime l'image de l'homme. Bien sûr qu'il le reconnaissait. Il pourrait le nouer, noyer, au milieu de l'océan, d'une foule. Il pourrait l'embrasser, le cravacher, pendant des heures. Lui faire l'amour, le fustiger, le blâmer, le cajoler. Il pourrait tout, il ne pourrait rien. Il ne veut pas le voir surtout. Sa tête se cogne, les pétales de roses s'agitent encore et cherchent issu. Elles se cognent, s'accrochent et se heurtent contre son crâne, contre les parois de son âme. Faut qu'il s'en aille, Faut pas qu'il reste ici, tambourinait-il en serrant fortement le bras du jeune être. Il s'était précipité sur le condamné. « Que fais-tu ici ? » lui frappa-t-il. Bonjour Lou, si tel est ton nom. Il bouscula la chose et lâcha l'objet aussi rapidement qu'il avait pu le menotter. Libérant son étreinte, comme pour lui montrer la force qu'il avait encore. Il n'aurait pas dû venir. Il pénétra la clef dans la serrure des barreaux pour y assister. Il tourna un coup, ou deux. Puis, mille et un millions. « Va-t-en ! » lui meurtrissait l'homme pétales. Pétales de mer. Incapable de se retourner après avoir forcé son aller. Il devait évacuer, organiser sa fuite avant de déloger.




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